vendredi 20 septembre 2013

- Quelque part dans le comté de Harju. -

C’est le printemps.
Et l’arbre nomade frémit dans tous les sens depuis quelques jours déjà. 
Le long de cette interminable route d’écorce oscillant entre les bas et les hauts, chacun a construit son nid et tenté de trouver sa place.
Nanosh et les autres s’y sont réfugiés, à un moment où ils avaient besoin d’une carapace, d’une nouvelle peau en plus de la leur. 
Cet arbre est semblable à un chemin pour les nomades égarés. Un chemin qui éloigne de la terre tant foulée et mène directement aux étoiles.

Les vieux fils du vent, les anciens, sont arrivés en premier. Ils se sont blottis au creux des racines et soufflent dedans pour faire circuler la sève jusqu’aux extrémités, faire éclore les bourgeons, faire grandir les branches.
Ils soufflent, et grâce à eux la cime se rapproche un peu plus de la grande ourse chaque année.
Les plus jeunes, perchés à la pointe des branches, ressemblent beaucoup à des oiseaux.
Ils surveillent la position des constellations depuis la proue de l’arbre, qui s’élève doucement au rythme des respirations saccadées. 
Ils cueillent les astres qui ne brillent pas assez pour être vus d’en bas, ou qui pourraient désorienter ceux qui ont emboîté le pas aux montagnes. 
Nanosh aime désherber le ciel afin que les voyageurs suivent la bonne direction de leur errance.
Lui c’est la lune qui le guide, et dans quelques saisons, le tronc l’aura acheminé jusqu’à elle. 
Alors il sera temps pour lui de prendre son envol.
Nanosh attend avec impatience le moment où il deviendra une étoile.
Parmi les plus lumineuses, il l’espère.






















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